Le mont Sainte-Anne, non pas celui de Québec, mais bien la montagne par laquelle on entre à Sainte-Anne-des-Lacs, est si densément peuplé que cela pourrait avoir à long terme,de sérieuses conséquences sur l’approvisionnement en eau de ses résidents.
Victime du développement rapide d’un petit village de campagne, la circulation y est abondante et bruyante. Les terrains sont relativement petits et dérogent parfois aux normes de lotissement actuelles (4 000 m). La couche de sol naturel est relativement peu épaisse, même qu’à certains endroits le roc est entièrement dégarni. La capacité d'absorption du sol est donc limitée et puisque la pente moyenne de la montagne est en général accentuée, les installations sanitaires conventionnelles sont éventuellement appelées à ne plus pouvoir y être installées. Des solutions existent, les systèmes d'épuration secondaires et tertiaires des eaux peuvent en partie pallier, mais ils ont aussi leurs limites. Aucun de ces systèmes n’est conçu pour recevoir des décharges massives d'eau comme celles produites par la purge des spas, des bains tourbillons et des piscines. De plus, ces eaux détériorent la qualité du lac. Paradoxalement, plus le lac est perçu comme pollué par le riverain, plus celui-ci peut-être tenté de s'installer une piscine pour se baigner dans une eau propre ! Il faut savoir que le sol agit un peu comme une éponge. Il absorbe les eaux de pluie et les redistribue lentement vers la nappe phréatique tout en ralentissant l'écoulement en aval jusqu'au lac. Lorsque cet effet d'éponge perd de son efficacité, tout le réseau hydrique de la montagne et de la vallée s'en trouve affecté. Au cours des dernières années, plusieurs citoyens du mont Sainte-Anne se sont plaints au conseil municipal d'installations déficientes et odorantes dans leur voisinage. Le lac Guindon, en aval — lac de tête du bassin versant du lac Marois - reçoit irrémédiablement tout ce que le sol en amont ne peut absorber : eaux de pluies, eaux usées mal épurées, eaux usées non épurées. Déjà, quelques puits artésiens sont asséchés ou ne fournissent qu'un débit insuffisant au besoin des résidents. Certaines résidences du mont Sainte-Anne ont de 2 à 3 puits artésiens, soit asséchés, soit insuffisants. Certaines résidences doivent s'approvisionner en eau à même le lac Guindon. Un aqueduc privé installé sur un terrain riverain appartenant à la Municipalité a été affecté par des cyanobactéries à son embouchure il y a deux ans. L'automne dernier, l’annonce de la mise en marché de l'ancien chalet de ski du mont Sainte-Anne, connu sous le nom de « l'Étoile » évoque la situation de l'eau en ces termes : « la quantité est suffisante (à quelques exceptions près) d'où la nécessité d'un bassin » ! Doit-on comprendre que les quelques exceptions nécessitent un bassin de rétention ? C'est tout de même des exceptions qui ont des conséquences non négligeables ! Avant que la situation du mont Sainte-Anne ne devienne écologiquement irréversible, il semble y avoir urgence d’agir. Les citoyens doivent être sensibilisés à un usage rationnel de l'eau, à la protection du sol naturel et à l'efficacité de leur installation sanitaire. La Municipalité pour sa part aura intérêt à mettre en application un principe de précaution prescrit dans la loi québécoise sur le développement durable, car elle risque de se retrouver devant l’option coûteuse d'aqueduc et d'égouts. Ce problème interpelle tous les citoyens de Sainte-Anne-des-Lacs, car à diverses échelles, il concerne l'ensemble des montagnes et de lacs qui sont investis par un développement résidentiel croissant.
Cet article est paru dans le Journal de Prévost, édition de février 2010, page 3 sous la plume de François St-Amour
dimanche 28 mars 2010
Archives du blog
-
▼
2010
(37)
-
►
mai
(12)
- Lancement du programme de protection de voisinage ...
- Assemblées ABVLACS, CPA et ACS : les premières pho...
- Assemblées du 20 mai 2010 : précisions
- Assemblée générale de l'ACS : un vif succès !
- La Ministre Line Beauchamp et le député de Bertran...
- LE 29 MAI – UN RENDEZ-VOUS À NE PAS MANQUER !
- AGA de l'Association des citoyens de Ste-Anne-des-...
- Implantation du programme de vigilance de voisinag...
- Lettre au président de l'ACS : suivi du dossier de...
- Infestation de Berce du Caucase : urgence d’éradic...
- Jusqu'oû le Berce du Caucase prolifèrera-t-il ?
- Une plante toxique envahit-elle le territoire de S...
-
►
mai
(12)